Immigration au Québec

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La réalité de l’immigration au Québec

Il y a quelques temps, je publiais mon premier article sur la réalité de l’immigration au Québec. Le sujet étant plutôt vaste, je vous propose la deuxième et dernière partie de mes impressions.

Le Canada, sa province québécoise et Montréal en particulier, sont définitivement des destinations privilégiées pour les français. Grâce au bouche-à-oreille et aux bonnes expériences partagées par certains, le Québec a actuellement une très bonne image. Et avec des permis de travail comme le PVT, l’immigration peut s’avérer relativement simplifiée.

Toutefois, je pense qu’il est également intéressant de partager avec vous l’envers du décor. Le Québec est-il vraiment un eldorado ? Quelle différence entre France et Québec ? Voici mon expérience !

1. La vie au Québec, moins chère qu’en France ?

Définitivement, la vie n’est pas moins chère au Québec qu’en France. Il ne faut pas partir dans l’idée que vous ferez des économies en vous y installant. Vous ne trouverez rien de vraiment bon marché au Québec. À part les loyers, qui sont relativement abordables, si on ne cherche pas à vivre sur le Plateau à tout prix. J’ai trouvé l’alimentaire cher, avec beaucoup de produits importés. Et pourtant, je ne m’obstinais pas à manger des produits français, je le précise ! Au contraire. Pour faire des économies sur les courses alimentaires à Montréal, je conseille avant tout de les faire à plusieurs endroits différents. Vous voulez du riz ? Direction l’épicerie chinoise. De la semoule ? Épicerie arabe. Et ainsi de suite. Pour les grosses courses, j’ai personnellement trouvé Maxi moins cher que les autres supermarchés. L’alcool aussi est cher, et je ne parle pas uniquement du vin…

Si l’électronique est globalement moins chère au Québec qu’en France (c’est pour cette raison que j’ai acheté mon Ipad d’amour à Montréal !), les forfaits pour se servir des appareils font carrément peur. Je l’expliquais déjà dans cet article. Le forfait internet illimité n’existe pas chez les principaux opérateurs, et les tarifs sont prohibitifs. Un dernier exemple pour la route : les transports en commun. J’ai personnellement trouvé les prix élevés, en même temps je vis à Bordeaux où les transports sont abordables. À Montréal, je payais 77$ par mois, à Bordeaux je paye environ 200€ l’année soit moins de 20€ par mois… Et encore, la STM (société de transport montréalaise) se paye le luxe d’augmenter encore ses prix pour 2014 ! Bientôt Montréal sera aussi chère que Toronto, vous verrez.

Finalement, toutes les marques et produits européens importés sont plus chers. En même temps c’est logique ! Je crois que je suis rentrée une seule fois dans un Zara au Canada, ensuite j’ai laissé tombé. Je n’étais psychologiquement pas prête à mettre aussi cher dans un jean Zara que dans un Levis. Même chose chez H&M, Ikea etc :-)


2. Point météo : l’Hiver au Québec

Comment se passe un hiver au Québec concrètement ? Personnellement, c’était ma grande question avant de partir ! J’étais un peu perdue, puisque j’ai toujours plus ou moins vécue dans le sud-ouest de la France. Comment s’habiller pour l’hiver québécois ? Dans quelles chaussures investir ? J’avais déjà répondu à cette question dans cet article, avec l’équipement idéal pour un hiver en ville à Montréal. L’année dernière, j’ai connu un hiver de mi-novembre à mi-avril. Avec des périodes plus ou moins froides, des tempêtes de neige, de belles journées ensoleillées mais glaciales… C’est surtout en janvier, février et début mars que les températures sont les plus froides, avec des journées à -15°C ou -20°C. Une semaine ou deux à -30°C, aussi… Sincèrement les chiffres font plus peur qu’autre chose. Le temps étant relativement sec, avec un bon équipement, on peut affronter l’hiver sereinement. Le plus compliqué selon moi, c’est la durée de l’hiver. On a l’impression qu’il est terminé, et pourtant non, on se paye une tempête de neige un 10 avril… (véridique). Enfin, je pense qu’en tant qu’étranger, le premier hiver passé à Montréal a quelque chose de féérique. Cependant, j’imagine qu’à partir du deuxième hiver, le ressenti doit être complètement différent. Avec peut-être une certaine lassitude. Parce que personnellement, ne plus voir le soleil après 17h pendant presque 5 mois dans l’année, j’ai eu beaucoup de mal à m’y faire.

3. Culture québécoise : la vie quotidienne

On est d’accord, je suis ni sociologue, ni ethnologue, je parle simplement de mon ressenti personnel. J’ai trouvé la vie quotidienne québécoise très différente de la France. Au Québec, j’ai le sentiment que le collectif prime sur l’individualisme. Cette idée se retrouve même dans certaines expressions. Par exemple, même en vivant seul, un québécois dira « viens chez nous » au lieu de « viens chez moi ». Les gens sont spontanément tournés vers les autres. Toujours prêts à vous aider, à entrer en conversation avec vous… Les québécois sont une minorité, des francophones perdus au milieu d’une immensité anglophone. Pour moi, leur culture vient en partie de ce fait assez unique. Et même si on partage la même langue qu’eux, on ne partage pas la même culture ! On assimile trop souvent leur mode de pensée ou de vie à celles des autres. Alors que leur culture est tout à fait singulière. J’ai également ressenti plus de respect entre les gens au Québec qu’en France. Avec une densité de population moins importante, les québécois s’énervent peut être moins les uns les autres… Ce qui engendre aussi une certaine discipline : quel français n’a pas été surpris de voir les montréalais faire la queue en attendant le bus ? Si vous savez comme cette habitude me manque en France !

Aussi, je recommande vivement aux nouveaux arrivants de se renseigner un minimum sur la vie quotidienne au Québec avant d’immigrer. Sans chercher à trouver une réponse à toutes les questions, ça ne pourra que faciliter l’intégration ! 


4. Le système de santé québécois

Je pense qu’on ne mesure absolument pas la chance que nous avons en France, en matière de santé. Entre le remboursement des médicaments, des frais médicaux, la facilité d’accès au soin… Alors certes, il y a toujours matière à amélioration, mais sincèrement on a pas trop de quoi se plaindre. Au Québec, l’accès au soin est bien évidemment possible, mais… Compliqué. Avoir un médecin de famille, où consulter un médecin généraliste dans un cabinet médical, c’est mission impossible. La pénurie est telle, qu’il vaut mieux aller directement aux urgences si on tombe malade (pour une grippe par exemple, vous saisissez le problème ?). Si vous avez de gros soucis dentaires, à la limite, je vous conseille de checker le prix d’un aller-retour en France… Bon j’exagère, mais il faut avouer que les tarifs font peur ! Enfin, avant un départ au Québec, assurez-vous de bien disposer d’une assurance en cas de problème médical. Si vous êtes Pvtistes, je vous conseille de vous faire prescrire des médicaments pour un an, si votre médecin l’accepte :-)


5. La distance avec la France 

Avant de partir, on ne sait pas encore comment on va gérer la distance avec ses proches. Pas besoin que je vous fasse un dessin, mais il est évident que Skype ne remplace pas le contact réel. Je ne suis pas rentrée en France pendant un an, parce que j’ai avant tout choisi de privilégier mes voyages sur place. J’imagine la difficulté des immigrés et expatriés installés durablement au Québec, à sans cesse devoir choisir entre retrouver sa famille (et se taper 7 heures de vol, 6 heures de décalage horaire…), et visiter l’immensité du Canada et des États-Unis tout proches. Surtout avec les 2 semaines de congés payés par an ! Et comme partir, c’est aussi difficile que rentrer, je vous conseille de lire l’article d’Alice. Elle habite Québec depuis quelques années, et parle des difficultés de rentrer en France :-)

Il y a donc une distance physique et psychologique (on ne vit pas les mêmes choses, au même moment). Et je n’ai pas encore parlé du fuseau horaire. Je crois que c’est ça, le plus compliqué. Pourtant, il n’y a « que » 6 heures de décalage, mais je trouve que ça fait toute la différence. Plus que les kilomètres, c’est ça qui creuse réellement la distance. Et en toute sincérité, je ne l’envisageais presque pas avant de m’installer à Montréal !

Crédit Photographie

 

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La « Vérité » sur l’immigration au Québec

Vivre un an au Canada, fut une expérience magnifique et inoubliable. J’ai énormément appris sur moi, et sur la vie en général. C’est clairement une aventure que je conseillerai à tout le monde. Cependant, je suis souvent assez amusée, voir carrément choquée, à propos des idées reçues sur l’immigration canadienne. J’ai l’impression qu’en France, on valorise à outrance cette expérience, faisant passer le Canada pour une sorte d’eldorado où la vie y est absolument formidable… Ce qui peut être effectivement le cas, parfois. Il est en effet illusoire de croire que réussir au Québec c’est du tout cuit. Par ailleurs, je pense que la décision d’aller vivre au Canada est quelque chose qui mérite réflexion. Et surtout, qui nécessite une préparation. Il faut en effet partir pour les bonnes raisons, en sachant à quoi s’attendre. Autrement dit, ne pas se fier aux reportages complètement aberrants qu’on voit passer à la télé… Je vous propose donc aujourd’hui, mes petites observations sur la réalité de l’expatriation. Attention, ces quelques éléments reflètent simplement ce que ma petite personne ressent, cela ne signifie donc pas qu’il s’agit d’une vérité universelle ! Et comme je suis plutôt bavarde sur le sujet, la deuxième partie sera publiée dans un second article :-)

1. On ne part pas sur un coup de tête ! 

Je pense que la réalité administrative est parfois un peu laissée de côté, la faute à l’euphorie de partir :-) Outre quitter votre famille, il faudra aussi quitter votre emploi, votre appartement/maison… En gros quitter votre vie, pour en créer une nouvelle à des milliers de kilomètres. Et attention, voici un scoop : on arrive pas à l’aéroport les mains dans les poches. Autrement dit, si vous souhaitez travailler au Canada, il vous faudra un permis de travail. Même chose si vous comptez y faire des études… Ces démarches sont plus ou moins compliquées, et surtout, elles prennent du temps. Un départ, c’est donc quelque chose de réfléchi, qui se prépare à 100%. Cette entrée en matière peut paraître un petit peu brutale, je le reconnais. Cependant, je trouve cela nécessaire de mettre les pieds dans le plat, une bonne fois pour toutes !


2. Gare à l’effet « Lune de Miel » 

L’expatriation, c’est comme un nouvel amour. Au début tout est rose et relativement simple. On adore le pays, les gens, la culture. Et puis, assez rapidement, la réalité a tendance à refaire surface. La routine s’installe, et on se rend compte qu’on est plus vraiment dans la phase « découverte ». Je pense qu’il est tout bonnement impossible de complètement s’intégrer. On garde toujours notre identité, notre culture et notre façon de penser. Ressentir le mal du pays, est un sentiment normal pour un expatrié. Je dirais même que cette émotion est nécessaire quelque part, elle « fait du bien ». Je ne me suis jamais sentie autant française que lorsque j’habitais à Montréal !


3. Le Canada, un eldorado ? 

Personnellement, j’ai envie de hurler à chaque fois que j’entends ça. Dîtes vous bien que le pays n’est absolument pas un eldorado, en tout cas pas comme on l’entend. Malheureusement, tout n’est pas merveilleux là-bas. Vous n’allez pas trouver le job de vos rêves en 10 minutes, obtenir une qualité de vie 100 fois supérieure à la France en quelques mois. En gros, il faut arrêter de rêver et de croire ce que les médias veulent bien raconter. La vie au Québec peut être vraiment très agréable, la preuve avec mon article précédent. Cependant, je pense qu’il faut savoir faire la part des choses, et surtout, ne pas trop attendre du pays. Ne placez pas tous vos espoirs dans une expatriation, au risque d’être très déçus. Personnellement, je trouve cela dangereux d’imaginer le Québec comme un sauveur. L’encensement de cette province et de son économie est parfois à la limite du ridicule. Je pense qu’il est nécessaire d’avoir une vision réaliste et honnête du Québec avant de s’y installer.


4. L’intégration n’est pas si facile 

C’est logique, mais je crois qu’il faut bien intégrer le fait que nous ne sommes pas « attendus » là-bas. À part dans des cas assez uniques, où votre profil et vos études sont recherchées au Québec, on va pas sauter de joie à votre arrivée à l’aéroport. De plus, la présence très importante des français au Québec, ne facilitera pas les choses. Il faut savoir que pour un permis comme le PVT, la majorité des personnes choisiront Montréal. Parce qu’on y parle français et que c’est une grande ville. Autrement dit, votre profil sera loin d’être unique :-) Au niveau de l’acceptation dans la vie quotidienne, il faut aussi se « battre » quelque part. Prouvez que vous en voulez, que vous n’êtes pas simplement de passage… On a tout à prouver lorsque l’on immigre, qu’on se le dise !  Venir s’installer au Québec, c’est d’abord être conscient que l’on va s’intégrer dans une société différente de la sienne. Car même si nous avons la langue française comme point commun avec nos amis québécois, leur culture est radicalement différente de la nôtre ! Et heureusement ! On n’immigre pas pour retrouver les mêmes repères que chez soi. Au contraire, on cherche à être bousculé quelque part. Il faudra alors faire preuve de patience, d’humilité, et surtout, d’avoir une grande ouverture d’esprit pour réussir son intégration.


5. La vérité sur la recherche d’emploi

Sur ce point, j’ai tellement vu d’expériences complètement différentes, qu’il est difficile pour moi de synthétiser voir d’émettre une quelconque hypothèse. Je suis surprise de voir, comment certaines personnes s’intègrent professionnellement au Québec avec une rapidité déconcertante, alors que d’autres galèrent davantage qu’en France… Tout d’abord, même si le taux de chômage au Québec est relativement bas (moins de 8%), il faut savoir qu’il y a davantage d’emplois précaires plutôt que de jobs ultra qualifiés. Certains domaines d’activité comme les Médias ou la Culture sont actuellement un peu au point mort. Au contraire, d’autres domaines sont aujourd’hui en manque de main d’oeuvre qualifiée (dans l’Aéronautique par exemple).
Aussi, dans la plupart des cas, il faudra revoir vos ambitions à la baisse, sans pour autant manquer d’ambitions, bien sûr. Mais pour débuter, préparez-vous à occuper un poste en dessous de vos capacités. Je ne parle pas forcément de job alimentaire, juste d’un travail moins bien qualifié. D’ailleurs, à propos du job alimentaire, la jobine comme on dit, il est assez facile d’en dégoter un. Promenez-vous le long des avenues commerçantes, et observez donc les petits panneaux « recherche vendeur » (par exemple) pour vous en convaincre. Mais attention : pour une ville comme Montréal, noyée sous l’arrivée continuelle des jeunes pvtistes, soyez à l’affût ! La concurrence est bien présente !  Aussi, parmi mes rencontres de jeunes français expatriés, une minorité pouvait se vanter d’avoir franchement « réussi » professionnellement. Il faut vraiment s’accrocher, ne pas faire confiance aux idées reçues type « au Québec, c’est le plein emploi » ! En règle générale, le premier job est le plus important. C’est lui qui vous mettra le pied à l’étrier et vous permettra de donner confiance aux futurs nouveaux employeurs. Au Québec, l’emploi est un marché flexible. Vous pouvez trouver un job le matin… Et être viré le soir même.
Quelques conseils pour trouver vite et bien : Se faire des contacts (ne pas sous estimer le pouvoir d’un carnet d’adresse !). Au Québec, le piston n’est pas tabou comme en France. Démarcher les entreprises en personne, le recruteur se souviendra peut être de vous lorsqu’il consultera votre CV ! En parlant du CV : ne pas hésiter à prendre rendez-vous avec des professionnels pour l’adapter à la manière québécoise. L’OFII par exemple peut vous venir en aide gratuitement.
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