Vis ta vie d’expatrié

montreal

Du Blah Blah

Avec mon expérience redoutable d’expatriée au pays du sirop d’érable, j’ai quand même réalisé (il était temps) que ça pourrait être instructif d’écrire sur ce sujet. Alors soyons fous les amis, je jure sur la bible, et même sur Où est Charlie, de ne dire la vérité, rien que la vérité.
Quand je suis arrivée à Montréal, je me doutais bien que j’allais me heurter à quelques soucis logistiques. Pourtant j’étais préparé, faut pas croire. Comme une bonne petite française précautionneuse qui aime moyen moyen l’aventure, (enfin si, j’aime l’aventure, mais version valises à roulettes) j’ai épluché en long en large les sites traitant sur le sujet. Je me suis abonnée à environ 12 786 forums sur l’immigration, le Canada et l’hiver par moins 30. Je me pensais ready for the big show. J’étais naïve.
Bon déjà dés l’aéroport t’as le vague sentiment que tu vas en chier. Tu prends le bus. Tu t’assoies, tu t’autorises quelques banalités bien Made in France « Oh c’est joli ». Et puis rapidement, comme une évidence, tu te rends compte que les arrêts ne sont pas annoncés. Je résume la situation : t’es dans un bus, il roule, dans une ville que tu connais pas, et tu sais même pas quand tu vas pouvoir descendre. Angoisse. Allumage du GPS de l’Iphone. 100 euros hors forfait, cordialement Bouygues télécom. Avec tes valises, et les deuxièmes valises que tu as sous les yeux (décalage horaire oblige), t’apprécies moyen le choc des cultures. Même si par la suite, ce détail t’enchantera, et tu arriveras même à clamer haut et fort « Non mais c’est logique ce système ! ». Car ça aussi c’est une caractéristique de l’expatrié : il l’aime son nouveau pays. Autant il s’en fout royal d’entendre des québécois critiquer la Mère patrie, mais alors l’inverse… Non parce qu’il s’est battu pour être là. Faut pas croire, changer de pays c’est pas juste prendre l’avion et faire une nouvelle géolocalisation Facebook. Alors rapidement, on s’y attache.
C’est un sentiment très particulier de se sentir étranger durablement. Je veux dire par là : rien à voir avec deux semaines de vacances au club Med de Marrakech. Pour le coup, on est franchement immergés. Rapidement, je me suis demandée comment j’allais réagir chaque fois qu’on me dirait que j’ai un accent de bourgeoise coincée et que je me déplace exclusivement avec une baguette de pain sous le bras. Mais non. En fait les gens s’en foutent. Du moment qu’on fait la queue pour rentrer dans les transports en communs, on s’en sort pas trop mal au Québec. Bon, il y a bien ce petit souci concernant le langage. Et malheureusement, j’ai vite compris à mes dépends, que c’était pas en regardant en boucle des interviews de Céline Dion, que j’allais comprendre les subtilités des expressions québécoises. C’est con.
Déjà, les gens te disent bonjour pour te dire au revoir, et toi, tu te demandes au fond de toi même si t’as pas raté quelque chose. Un détail, un rien qui dés l’aéroport aurait pu te mettre sur la piste (Merci de ne pas commenter ce jeu de mot, cordialement). Mais non. Alors tu fais rien, tu fais mine de comprendre. Intérieurement, tu te dis qu’il y a comme un léger bug dans la matrice. Et alors c’est tout le peuple québécois qui se demandent à voix basse : mais qu’est ce qui tourne pas rond chez ce calisse de français, y fait la gueule ou quoi ?! Nan ça malheureusement c’est la génétique, on y peut rien. Un français ne fait pas la gueule. Il est contrarié et en bon gaulois il est tout bonnement incapable de le cacher.
Je pourrais vous assommer d’un millier de détails linguistiques qui prêtent à confusion, mais je ne le ferais pas. Déjà parce que, je suis fatiguée d’écrire. Et ensuite parce que j’aimerai en garder pour la suite. Sur ce je vous laisse, faut que j’aille en char checker mes spéciaux, et j’suis sûre de pas avoir de carrosse dans ce calisse de succursale.
*Il faut que j’aille en voiture faire les promos, et je suis sûre de ne pas avoir de caddie dans ce con de supermarché.
Photo prise à Niagara. Voir l’article sur Niagara

 

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