Étudiant et autoentrepreneur

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Étudiant et autoentrepreneur

J’ai un parcours scolaire plutôt atypique, qui m’a conduit à devenir étudiante et autoentrepreneur. Disons que je me suis un petit peu cherchée. Après l’obtention de mon BAC Littéraire, j’hésitais entre une Licence de philosophie et une école de mode. Et puis, comme la veille de choisir j’étais devant La Mode La Mode La Mode (à l’époque présenté par Mademoiselle Agnès, mon idole) j’ai choisi l’école de mode. Oui, on a connu mieux comme vocation. J’ai aimé ces études. J’ai eu mon BTS Design de Mode sans trop d’efforts. Et puis j’ai continué en allant à l’Université. J’étais déjà à trois années d’études supérieures, j’avais envie de démarrer ma vie professionnelle, et surtout devenir autonome financièrement. Alors je suis devenue autoentrepreneur. Voici ci-dessous, mon ressenti et des conseils pratiques sur ce statut particulier !

Devenir auto-entrepreneur en étant étudiant

Si vous êtes étudiant, sachez que vous pouvez devenir autoentrepreneur librement. Il est néanmoins nécessaire d’être majeur, mais aussi, dans certains cas, d’avoir les qualifications requises pour exercer le métier souhaité. En effet, pour quelques professions, un niveau d’étude est exigé.  Pour créer son statut, c’est très simple : il suffit de faire sa déclaration en ligne.

Mais attention. Je souhaite vraiment attirer votre attention sur le fait que certes, tout peut se faire par internet, mais rien RIEN ne remplace un rendez-vous avec un conseiller. Entre le paiement libératoire de l’impôt, l’ACCRE mais aussi toutes les subtilités demandées, je vous encourage vivement à consulter l’URSSAF. Au pire, passez un coup de téléphone. Vraiment. Vous pourriez passer à côté d’aides vraiment précieuses.

Depuis 2014, les choses ont évolué : les étudiants désireux de créer leur entreprise ont la chance de pouvoir bénéficier d’un statut spécial : le statut étudiant-entrepreneur. Il ne s’agit pas d’un nouveau statut fiscal à proprement parlé (vous restez étudiant et autoentrepreneur) mais d’un accompagnement par des structures dédiées. Ce statut, peut par exemple vous permettre de remplacer vos stages obligatoires ou votre projet professionnel par cette démarche entrepreneuriale.

Sachez également que si vous venez tout juste de terminer vos études, et que vous souhaitez vous lancer maintenant dans l’autoentreprise, le diplôme D2E peut vous permettre de conserver votre statut étudiant tout en développant votre activité. Ce diplôme vous dispense notamment d’une formation orientée autour de la préparation au lancement d’un projet entrepreneurial. Dans tous les cas, c’est à votre université qu’il faut demander des renseignements !

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Les incidences du statut autoentrepreneur 

Nous sommes d’accord, le but de créer un tel statut est certes d’acquérir de l’expérience, mais à fortiori de gagner de l’argent. Et cet argent, vous vous en doutez, il va falloir le déclarer. Comme tous les autoentrepreneurs, vous allez devoir vous acquitter de cotisations sociales et fiscales. Qui dit revenu, dit impôt sur le revenu. Au niveau de votre protection sociale : pas de changement. Sachez que vous conservez la protection sociale de votre activité principale, autrement dit votre statut étudiant.

Il est donc judicieux de se demander en amont si cela va avoir une incidence sur les aides que vous touchez en étant étudiant.

Les bourses d’études

Le statut autoentrepreneur ne modifie pas votre éventuelle aide financière. En effet, cette aide est logiquement calculée en fonction des revenus de vos parents sur la base des déclarations des deux années précédents l’attribution de la bourse. Aussi, si vous êtes rattaché au foyer fiscal de vos parents, vos revenus dégagés de votre statut entoentrepreneur pourront avoir une incidence, mais deux ans après le commencement de votre activité.

La CAF

Le statut autoentrepreneur n’influence pas le montant de votre aide au logement, en tout cas pas dans l’immédiat. En effet, cette aide est calculée à partir de vos revenus sur les deux années précédant l’année de versement de l’aide. L’impact de votre nouvelle activité sera donc à retardement : elle n’influencera le montant de vos APL que deux ans après la création de votre statut autoentrepreneur. À noter que dans votre déclaration à la CAF, vous restez sous la déclaration de votre activité principale : étudiant.

Ce qu’il faut retenir ?

Sur le moment, pas de changements. Mais anticipez le retour de bâton : deux ans après le commencement de votre activité, vos aides peuvent être supprimées ou diminuées.

Avantages financiers à être étudiant et autoentrepreneur ?

Je vous rassure tout de suite : il n’y a strictement aucun avantage à être étudiant et autoentrepreneur. Aucune exonération de charges ou aménagement des cours. Il faut pas rêver ! Encore une fois, vous êtes autoentrepreneur ET étudiant. Vous pouvez néanmoins participer à des concours pour gagner des chocolats des aides financières, comme le Prix Pépite.

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Une nouvelle organisation

Je pense que l’on peut rapidement comparer ce type de situation, à savoir être étudiant et autoentrepreneur, aux étudiants travaillant à côté de leurs études. Il ne s’agit certes pas d’un job alimentaire (normalement, vous exercez une activité entrepreneuriale qui vous plaît, en tout cas je l’espère) mais cela suppose un certain rythme de vie. La différence étant que vous travaillez pour vous, cette activité peut donc devenir hautement chronophage. Clairement, vous allez apprendre à jongler constamment entre vos cours, vos devoirs à rendre, et vos commandes professionnelles. Personnellement, j’avais parfois le sentiment d’être complètement schizophrène. Pour éviter le burn-out, voici quelques conseils :

Savoir ce que l’on veut

Vous êtes étudiant et autoentrepreneur ? Ou vous êtes autoentrepreneur et étudiant ? Oui, la question est subtile mais mérite d’être posée. Ce serait idiot de rater vos études à cause de ce statut, et inversement. Apprenez donc à analyser les projets (qu’ils soient scolaires ou professionnels), et tentez d’établir des ordres de priorités. Personnellement, même si j’ai toujours adoré mon travail de webdesigner, je n’ai jamais perdu de vue que je VOULAIS mon Master !

En cours, vous êtes en cours

Même si ce n’est pas évident, profitez d’être en cours pour être réellement attentifs. Évitez de penser boulot, ou même de répondre à vos mails professionnels. L’idée, c’est de s’impliquer au maximum pendant les cours pour éviter de se surcharger de travail en dehors de ces temps alloués.

Et pendant les stages ?

En stage, vos journées sont logiquement entièrement dédiées à votre entreprise d’accueil. À moins que vous ne réalisiez votre stage pour votre propre activité, en bénéficiant du statut étudiant entrepreneur. Si comme moi vous faîtes des stages en dehors de votre autoentreprise, et bien c’est très simple : vos soirées et vos weekends vont s’écourter considérablement. Pas vraiment d’autres choix si vous souhaitez conserver votre activité. Sinon, ralentissez le rythme : voir paragraphe ci-dessous !

Être réaliste

Il faut parfois savoir s’arrêter. Personnellement, j’ai fais une « pause » lors de la rédaction de mon mémoire pendant l’été 2015. J’ai espacé les commandes professionnelles, et j’ai augmenté mes délais de création. Tout simplement parce que à moment donné, il faut aussi comprendre qu’on ne peut pas tout faire. Surtout pendant la rédaction d’un mémoire, où vous mangez, rêvez, vivez, respirez RÉDACTION. Sincèrement, ce n’était vraiment pas une période facile, surtout lorsque l’on voit qu’on a de la demande et qu’on a besoin d’argent. Seulement physiquement et moralement, ce n’était juste pas possible.

Les bénéfices

Les bénéfices sur le plan personnel et professionnel sont nombreux à être étudiant et autoentrepreneur. Déjà, vous avez la chance de pouvoir financer vos études en faisant un métier que vous aimez. Ensuite, vous pouvez mettre en application quasiment en temps réel, ce que vous apprenez en cours directement dans des projets professionnels. C’est un formidable exercice pour pratiquer sans cesse votre savoir-faire, et ainsi vous améliorer. De plus, vous gagnez également en confiance en vous. Vous devenez de plus en plus à l’aise face à des professionnels. D’ailleurs, ces expériences sont précieuses lors de la recherche de stage ou d’un premier emploi. Personnellement, j’ai commencé mon activité en 2013. Pendant la recherche de mon stage de fin d’étude, je pouvais justifier deux années d’activités professionnelles sur mon CV, ce qui n’est pas négligeable.

Des regrets ?

Strictement aucun regret. Être freelance me convient parfaitement. Parce que je suis autonome et que j’aime pratiquer mon métier de cette manière. J’ai le sentiment que c’est avant tout mon travail en autoentrepreneur qui a peu à peu forgé mon style et ma façon d’envisager ma profession. Les cours étaient là comme une aide, un repère réconfortant avant de se lancer totalement. Ils étaient aussi la promesse d’obtenir le précieux sésame qu’est le Master. Aujourd’hui, je suis pour l’instant toujours webdesigner freelance, mais cette fois à temps plein. Et ce travail me satisfait totalement ! Alors, si vous souhaitez vous lancer, faîtes-le. Je vous encourage simplement à bien évaluer les possibles risques, et surtout à vous faire aider. Par pitié, ne remplissez pas à l’aveugle votre déclaration depuis votre canapé. Ce statut, sous son apparence simpliste, a une vraie influence.

Liens utiles

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La vie de Freelance à Bordeaux

Détails du statut d’étudiant autoentrepreneur 

Statut étudiant-autoentrepreneur

Source des photographies utilisées dans cet article : Pexels

7 Comments
  • Justine

    8 février 2016 at 10:02 Répondre

    Merci ! Super article :)
    Personnellement, je suis en 2ème année de BTS design graphique et j’aimerais me mettre en freelance un jour. Peut-être pas en étant étudiante, mais pourquoi pas.
    Tu m’as un peu éclairé :)
    Bonne continuation !

    • Elsa

      8 février 2016 at 7:19 Répondre

      Heureuse que cet article soit utile pour toi ! Bon courage pour la fin de tes études :-)

  • salomé

    8 février 2016 at 7:13 Répondre

    Je trouve ton article très interessant, on devrait en voir plus sur Internet ! je suis en dernière année de Master je recherche un stage au Canada et si j’y avais pensé plutôt, je pense que j’aurais fait ça car ça a l’air hyper interessant !

    Merci !

    Bisous !

    • Elsa

      8 février 2016 at 7:19 Répondre

      Merci pour ton commentaire Salomé :-) Effectivement : trouve trop peu d’informations sur le sujet. Ce statut est en pleine expansion, et je suis certaine que d’ici quelques années de nombreux étudiants et jeunes actifs travailleront sous ce statut. Il suffit de voir comment ça se passe aux États-Unis actuellement. En tout cas, je te souhaite bon courage pour ta recherche de stage au Canada ! Bises

  • La Mouette

    12 février 2016 at 8:05 Répondre

    Je suis autoentrepreneur depuis maintenant un peu plus de 3 ans (le temps passe trop vite !) pour pouvoir déclarer ce que je peux éventuellement toucher de temps à autre (de l’argent de poche tout au plus, mais quand même, restons légal) mais étant en dernière année de Master je n’ai découvert que trop récemment ce fameux statut qui permettait de ne pas faire de stage de fin d’étude pour pouvoir en profiter pour se lancer un peu plus sérieusement et je regrette tellement de n’en avoir entendu parler qu’en décembre dernier, si j’avais su (quel dommage que l’université ne l’évoque même pas ! Quand je vois que le statut freelance est pour eux « un rêve américain » je ris un peu alors être autoentrepreneur et zapper un stage, n’en parlons même pas) j’aurais totalement fait ça. Mais effectivement combiner les deux n’est pas évident et comme tu l’as dit, il faut bien savoir quel statut va avant l’autre pour ne pas s’y perdre.

    • Elsa

      12 février 2016 at 9:03 Répondre

      Merci pour ton commentaire Florence :-) C’est drôle comme je me retrouve dans ce que tu dis : mes encadrants universitaires n’ont jamais évoqué un tel statut/avantage pour les étudiants désireux d’entreprendre. Et ce, alors que ma filière est particulièrement touchée par le travail en freelance (rien que dans ma promo, nous étions 5 à bosser en free !!). Les universités sont majoritairement endormies, réfractaires à la nouveauté, bref, complètement à côté de la plaque. Je comprends pourquoi de plus en plus d’étudiants préfèrent se tourner vers des écoles (parfois même privées !) et ainsi éviter la fac…

  • Claire la paillette

    17 mars 2016 at 1:25 Répondre

    Oh merci infiniment pour ton article! Je suis en plein dedans en ce moment et j’essaye de bien me renseigner avant de sauter le pas! Je pense que j’essayerai de me déplacer à l’Urssaf afin d’avoir toutes les clés en main et me sentir plus accompagnée :).

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