Mon année à Montréal : l’heure du bilan

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Mon année à Montréal : l’heure du bilan

Il y a deux ans, j’ai vécu un truc à la fois banal et extraordinaire : j’ai pris la décision de partir vivre à l’étranger. J’ai miraculeusement réussi à faire rentrer ma vie dans une seule valise, et puis j’ai pris l’avion pour m’installer un an à Montréal. Ce n’était pas vraiment une décision très réfléchie, j’ai simplement sauté sur une opportunité, mais ça restera la meilleure idée de ma vie. J’ai ainsi partagé ces jolis moments montréalais avec vous, sur ce blog. Notamment en concoctant des petits guides pour les nouveaux expatriés, à voir ici et . Mais maintenant, après deux ans, j’ai très envie de dresser le bilan de cette année à l’étranger avec vous. Je pense avoir maintenant un certain recul, même si on est bien d’accord que ce type d’expérience s’est totalement démocratisé depuis !

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Lorsque l’on s’apprête à partir vivre à l’étranger, rapidement se pose la question du départ. Personnellement, je l’ai vécu comme un véritable compte à rebours, et je me souviendrais de cette date toute ma vie ! Un savant mélange de peur, de joie, de tristesse et d’excitation. Dire au revoir à ses proches, annoncer à tout le monde son choix de partir pendant un an, et puis ce fameux jour J où on part prendre l’avion ne sont pas forcément des moments faciles à vivre. Bien évidemment, chacun ressent les choses différemment, et heureusement. Pour moi le départ fut franchement dur. À ce moment là, je partais sans permis de travail, et j’avais peur de ne pas trouver ma place dans ce nouveau pays qui m’accueillait. Ce n’est vraiment que dans l’avion que j’ai réalisé que je partais pour de bon, que l’avion n’allait pas faire demi tour, et qu’il allait bien falloir y arriver. Après ce déclic, (oui, je suis un peu lente comme fille) c’était parti, j’étais vraiment prête à affronter le grand nord canadien, et à profiter à fond de cette année !

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J’ai donc vécu pratiquement un an à Montréal. C’est à la fois beaucoup et pas assez pour se forger une idée bien précise de la ville. Je pense avoir déjà pas mal exposé mes impressions à la fois positives et négatives de la vie quotidienne québécoise. Mais pour un peu généraliser sur l’expérience, je pense que quitter son pays pour s’immerger dans une nouvelle culture ne peut être que bénéfique. À condition cependant de ne pas s’attendre à une révélation, et surtout, de ne pas idéaliser l’expérience avant de la vivre pleinement. J’ai lu bien trop d’articles sur « l’envers du décor » d’un PVT au Canada, ou en Australie. Il faut rester réalistes, et être bien conscients que ce qui fonctionne chez quelqu’un ne fonctionnera pas forcément sur soi. Quand certains trouvent du travail en trois jours, d’autres mettent des mois à avoir un salaire décent. Même chose sur le plan social : on peut s’intégrer avec une facilité déconcertante, comme revenir en France au bout d’un an sans avoir fait de vraies belles rencontres. Une année à l’étranger, c’est comme votre vie de tous les jours, elle n’est pas contrôlable, il est impossible de l’anticiper. Raison pour laquelle les jolis reportages sur ces personnes qui partent vivre à l’étranger me font généralement sourire.

Pour revenir sur mon expérience personnelle, ce sont principalement les rencontres et les voyages que j’ai fait au Canada et aux États-Unis qui ont rendu cette année particulièrement enrichissante. New-York, La Floride et quelques villes canadiennes au compteur (Toronto, Ottawa, Québec) m’ont permis d’étancher ma soif de voyages. L’idée, c’était de profiter d’être sur place pour faire quelques voyages sur le continent nord américain. Alors évidemment, j’ai quelques regrets, comme celui de ne pas être allée en Californie, qui était au départ prévue sur ma liste de voyages à faire. Mais je ne vais rien vous apprendre : voyager a un coût !

Sur le plan professionnel, ce n’était franchement pas gagné. Je suis arrivée à Montréal à la fin de l’été 2012, pensant faire ma demande de PVT à l’automne, et l’obtenir fin décembre pour avoir le droit de travailler. C’était sans compter sur les milliers de jeunes français qui avaient exactement la même idée que moi. Malgré la fermeture des quotas des PVT en 72 heures, je suis parvenue à obtenir mon permis de travail… Au mois de Février. En sachant que je devais repartir au mois de Juin. Qu’à cela ne tienne, j’ai tout de même trouvé du travail dans mon domaine (secteur de la mode), mais ce fut pour une très courte durée. Cette expérience rejoint mes dires du début : ne pas trop anticiper et idéaliser !

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Qu’on ne se méprenne pas : j’avais vraiment envie de rentrer pour retrouver ma famille. Mais j’appréhendais énormément ! Là aussi, compte à rebours dans ma tête jusqu’à la date fatidique. Avant même de rentrer, je calculais déjà de quelle manière je pourrais bien revenir à Montréal, avec quel visa, et à quelle date. C’était évident pour moi que ma vie ne serait plus jamais dissociée de Montréal, que c’était la plus merveilleuse des villes, avec une vie quotidienne extraordinaire, des habitants tellement gentils et accueillants… Bref, je crois que moi même, je fantasmais complètement la vie que j’avais ici, surtout en sachant que j’étais sur le point de rentrer. Est-ce que c’était une façon de me voiler la face, je ne sais pas. Mais ce qui est certain, c’est que j’ai encore davantage apprécié ma vie à Montréal lorsque j’ai pris mon billet du retour. Moi contradictoire ? Mais pas du tout voyons !

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Est-ce que tu retourneras vivre à Montréal ? Une question que l’on me pose très régulièrement. Il y a 1 an, la réponse aurait été évidente pour moi, c’était un grand oui, j’avais l’impression que ma vie était là bas. Et maintenant, et bien c’est beaucoup moins évident. Avec le recul, je me rends compte des belles choses qui se passent ici, en France (oui, ça peut paraître dingue mais la France, c’est pas si pire). J’adore ma vie à Bordeaux, j’arrive à beaucoup plus relativiser les détails de la vie quotidienne qui me chiffonnaient avant. Je me rends compte aussi à quel point c’est l’état d’esprit dans lequel on se trouve qui influe sur notre vie, et non la ville ou le pays dans lequel on se trouve. Alors oui, mon année à Montréal était la plus belle des expériences, certainement parce que je savais que le temps là-bas était compté, et qu’il fallait profiter. Ma réponse, et ma conclusion de cette année va se terminer en question : Et si on s’employait à faire de même le reste du temps ? Je crois qu’on a rarement écrit un article rempli d’autant de bonnes intentions, mais bon, au risque de paraître ridicule, c’est ce que je pense, et c’est mon bilan !

22 Comments
  • Mzell Chichi

    30 septembre 2014 at 1:12 Répondre

    Très chouette billet qui apporte bien des réponse! Merci du partage!

    • Elsa

      30 septembre 2014 at 4:05 Répondre

      Mais de rien, contente qu’il puisse être utile !

  • Isabelle

    30 septembre 2014 at 2:27 Répondre

    très chouette article …

  • Les Pavés Bordelais

    30 septembre 2014 at 2:48 Répondre

    Très intéressant, bien écrit et joliment illustré, ton article pousse à notre propre réflexion. On s’était posé la question avant de venir à Bordeaux, à savoir partir un an en Australie, on a pas osé, on a donc passé deux mois en Espagne avant de commencer notre nouvelle vie. Je regrette pas mais l’expérience doit être tellement enrichissante. Mais comme tu le dis il suffit d’être à l’écoute des opportunités et les saisir.

    • Elsa

      30 septembre 2014 at 4:04 Répondre

      Merci beaucoup pour ton petit mot ici Alexandra ! L’expérience est en effet réellement enrichissante, mais on peut tout à faire avoir le même genre de déclic et d’ouverture d’esprit en restant en France… J’ai aussi l’impression que dorénavant, passer par la case séjour à l’étranger, est limite quelque chose d’obligatoire, alors que ça ne devrait pas :-)

  • IlyaRomie

    30 septembre 2014 at 6:03 Répondre

    Tes photos sont sublime *-*
    J’adorais aller au Canada, c’est l’un de mes rêves

    • Elsa

      3 octobre 2014 at 11:57 Répondre

      Merci ! N’hésite pas, fonce si tu en as l’occasion :-)

  • Mel's way of life

    30 septembre 2014 at 9:23 Répondre

    Super cet article, ca donne envie de tenter cette expérience… En tous cas tu as bien les pieds sur terre !!
    N’hésites pas à faire un tour chez moi…
    Bise

  • Farfadette

    3 octobre 2014 at 10:19 Répondre

    Très joli compte rendu !! Ca donne envie !! Nous avec le barbu on devait partir pour Toronto mais au final ça ne s’est pas fait ! Mais à charge de revanche !! Un jour peut être !!!

    (sinon le nouveau design est superbe)

    • Elsa

      3 octobre 2014 at 11:58 Répondre

      Merci pour ton petit mot :-) Oh mais ce n’est que partie remise votre départ, et si ce n’est pas Toronto ce sera autre chose ;-)

  • ta3mam

    6 octobre 2014 at 1:28 Répondre

    Coucou Elsa, d’abord merci pour ton adorable petit mot et je te retourne le compliment !
    C’est toujours intéressant d’avoir le retour de personnes qui ont vécu la même expérience, enfin évidemment pas nécessairement exactement la même, parce que pas le même pays, pas les mêmes objectifs etc. mais qui sont partis sur une courte durée. Ça me rassure de lire que « c’est pas si pire que ça en France », parce que de mon côté, tout le monde est décourageant « tu ne trouveras pas de travail ! » (ahah ouais, sympa ça !), « c’est la merde en France, ne reviens pas »… bref, je te passe le traditionnel discours, tu l’as peut-être déjà entendu. Je ressens à peu près les mêmes choses que toi concernant le retour. Je serai certainement nostalgique de ce que nous avons vécu ici, mais en aucun cas je ne déprimerai, car la vie continue… heureusement :-) ! Je suis heureuse de retrouver tous les gens qui me manquent, il n’y a pas que des bons côtés à être loin ! Héhé désolée du pavé. Passe une bonne journée

    • Elsa

      6 octobre 2014 at 8:00 Répondre

      Merci beaucoup pour ton commentaire. J’ai l’impression que c’est moi l’ait écrit il y a deux ans en arrière, tellement il reflète ce que je pensais et ce qu’on me disait au moment de rentrer en France. Mais comme tu dis la vie continue, et le fait de partir loin de chez soi nous rend encore une fois beaucoup plus « souple » et optimiste. Même si tout n’est pas rose (en témoignent les récentes manifestations de la honte, mais chut c’est une autre histoire). Bref, relativisons un peu, la vie est suffisamment pénible parfois, je préfère me tourner du côté positif, ça ne fait pas de mal ! Bises ma belle, ne sois pas trop nostalgique, des jolies choses t’attendent chez toi, hâte de lire tes impressions sur ton retour maintenant ;-)

  • MamzelDree

    22 octobre 2014 at 8:36 Répondre

    Ca a dû être une très belle expérience effectivement ! C’est l’intention qui donne le ton du voyage, je le pense aussi.
    C’est marrant car je tombe par hasard sur ton article alors que je suis moi-même à la veille d’un départ, pour une vie d’exapt’, en Angleterre non Outre Atlantique, et que ce sera peut-être (peut-être pas) pour longtemps, on verra bien !

    En tous cas merci pour ton retour ! :)

  • Adeline

    18 novembre 2014 at 6:17 Répondre

    C’est vraiment marrant… Moi aussi de Bordeaux, j’étais tombée sur ton blog au moment de préparer mon arrivée pour mon stage en 2013. Aujourd’hui, je suis en PVT à Montréal, et mon contrat de travail se renouvelle jusqu’en mars 2016 … A la fin de mon stage, je ne pensais qu’à revenir à Montréal, maintenant que j’ai l’opportunité d’y rester jusqu’en 2016, je ne sais même pas si j’irai au bout, advienne que pourra !
    Comme tu dis, beaucoup se font des idées sur la vie à l’étranger, en idéalisant tout ça. Mais chaque expérience est bien différente… Ayant fait une année universitaire en Espagne, je ne vis pas pantoute (^^) cette expérience à Montréal comme celle en Espagne…. Je pense que c’est du au fait que je ne suis pas à la fac, que je travaille, que je rencontre moins de gens de mon âge…
    Je rencontre beaucoup de français à Montréal qui se voient faire leur vie au Québec, qui disent avoir leurs amis ici. De mon côté, je sais que mes amis sont en France et que je prends mon expérience canadienne plus comme un tremplin professionnel (car oui c’est quand même plus facile pour les jeunes diplomés de trouver un emploi ici!)

    Bon ceci dit, je retourne à ce que j’étais venu faire sur ton blog, lire tes tutos photoshop ! (qui m’aident beaucoup…!) Merci d’ailleurs ! :-)

    Adeline

  • Amélie

    26 janvier 2015 at 2:20 Répondre

    Je découvre ton blog par hasard et je me retrouve transportée bien des années en arrière… J’ai moi aussi passé un an à Montréal (en 2000/2001), et je n’y suis pas retournée depuis… Et je suis totalement d’accord avec toi : ce qui compte c’est qui on est, pas où on est ! Même si je rêverais d’y retourner car j’étais tombée amoureuse de cette ville :-)
    Amélie
    PS : Bravo pour ton blog qui est superbe !

  • Elisa

    11 juin 2015 at 10:05 Répondre

    Cou cou
    Je cherchais des articles sympa sur Montreal car je serai là-bas dans 2 semaines. Du coup je tombe sur ton joli blog d´après Geo.fr mais le site semble n exister plus (?)
    Heureusement, il y avait tes coordonnées.
    Je reviendrai.
    Amitiés
    Elisa, en Argentine

  • Laura HANTZ

    14 juillet 2015 at 9:11 Répondre

    Coucou Elsa,

    Oh bah ton billet tombe à pic.
    Je suis en train de me renseigner un peu partout pour expatrier ma petit famille à Montréal de manière permanente.
    Mais ce n’est pas évident, je suis coincé au niveau des visas, je ne sais pas du tout comment faire!

  • océane

    27 juillet 2015 at 7:24 Répondre

    Coucou, j’ai vraiment bien aimé ton article ! Cela me rassure un peu car je pars dans moins de deux semaines moi aussi pour 6 mois à Montréal avec mon PVT en poche ! J’avais quand même une petite question: as- tu trouvé du travail facilement après avoir eu ton PVT comment t’y es tu prises ? tu te rendais directement dans les boites qu’y t’intéressaient avec ton CV sous le bras ? Tu faisais quoi comme boulot la bas ? Cela me stress un peu je dois t’avouer …

    Merci d’avance et encore merci pour ton article !

    Océ

    • Elsa

      27 juillet 2015 at 9:53 Répondre

      Bonjour Océane :-) Tu as beaucoup de chances de partir, tu vas voir, ce sera encore mieux que ce que tu imagines :-) Au niveau du marché de l’emploi, tout dépend de ce que tu recherches et dans quel domaine ! Effectivement, si tu souhaites trouver un job alimentaire rapidement, je ne peux que te conseiller d’aller déposer ton cv (version québécoise !) directement dans les commerces. N’hésite pas à te balader sur les grandes avenues commerçantes, (type rue Sainte Catherine, autour du plateau Mont Royal, etc) tu y trouveras des affiches recherchant des employés. Au niveau de mon histoire, j’ai trouvé un emploi dans mon secteur, en envoyant simplement un mail en réponse sur kijiji. La chance peut donc aussi jouer en notre faveur :-) Je te souhaite un super voyage !

  • Maéva

    8 août 2015 at 3:17 Répondre

    Super article !
    xx
    Maéva

  • Océane

    9 août 2015 at 10:13 Répondre

    Merci de m’avoir répondu !!! Je vais suivre tes conseils alors ! Et au niveau des logements que conseilles-tu ? Car je pars avec mon amoureux nous avons déjà envoyé pas mal de mail sur KIJIJI justement mais pas beaucoup de succès … penses-tu qu’il faut vraiment être sur place pour trouver ? Merci :) bisous

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